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Jean-Jacques et Faroud furent saisis d'une même vision d'effroi : un visage ravagé par une atroce maladie. Les charmes de l'exotisme se muaient en cauchemar. Figés sur le sol, les deux touristes voyaient s'avancer le lépreux. - Fuyons ! Mais il était trop tard. Vif comme l'éclair, Uriel Muller avait ramassé le poster et tendait déjà une main secourable en direction des deux cascadeurs. - On n'a pas de sous ! Ils se préparèrent à mourir. La main du lépreux désigna alternativement Jean-Jacques et Faroud. Six fois. Un tirage au sort qui rendait la fin plus cruelle encore. Dix longues secondes s'écoulèrent. Enfin, la terrible main s'écarta. Uriel Muller ne comprenait pas pourquoi son aide était ainsi refusée. Désignant le poster, il demanda : - Seriez-vous mathématiciens ? Jean-Jacques ravala le soupir de soulagement qui lui était monté aux lèvres. Mathématicien ? Pourquoi cette question ? La vérité lui apparut soudain dans sa crudité la plus extrême. Jean-Jacques compris que le lépreux allait lui poser trois énigmes auxquelles il faudrait répondre très exactement pour sauver sa peau. Il fallait réfléchir vite pour se tirer de ce mauvais pas. Des tempêtes électriques se déchaînèrent sous son crâne. Utilisant la puissance proprement phénoménale de son cerveau, il répondit : - Moi, non. Mais mon copain, oui. |
O. Courcelle, Le Théorème de Travolta, Editions Plon, 2002